PARCOURS RÉCITS CROISÉS 2026
Rétrospective par Artfrofest
Mai – juin 2026, Paris, Lagos, Mons et Lisbonne
Onze lieux. Quatre villes. Trois chapitres curatoriaux. Un récit commun.

De mai à juin 2026, Artfrofest a déployé la première édition de Parcours Récits Croisés entre Paris, Lagos, Mons et Lisbonne, à travers six semaines de programmation artistique coordonnée.
Pensé comme un circuit transatlantique, Parcours Récits Croisés a réuni artistes, commissaires, critiques, lieux culturels et publics autour d’une ambition commune : mettre en relation plusieurs scènes artistiques africaines et afro-atlantiques au sein d’un même récit curatorial.
Le projet ne reposait pas sur le déplacement d’une exposition unique d’une ville à l’autre. Chaque lieu a développé sa propre programmation, avec ses artistes, ses commissaires et son identité, tout en participant à une architecture curatoriale commune.
Cette première édition a ainsi fait dialoguer plusieurs histoires, plusieurs territoires et plusieurs approches de la création contemporaine. Au-delà des expositions, elle a créé des temps de rencontre entre artistes, professionnels de l’art et publics de différentes générations, faisant de chaque étape un espace de découverte, de conversation et de transmission.
Trois chapitres pour relier les récits
Mémoire, Patrimoine, Transmission a interrogé la manière dont les artistes travaillent avec les savoirs transmis, les héritages culturels et les récits historiques pour les inscrire dans le présent.
Déplacements, Ancrages, Frontières Intimes a exploré les migrations, les appartenances territoriales, les déplacements et les frontières intérieures.
Visions, Futurs, Spiritualités Contemporaines a ouvert la réflexion sur l’afrofuturisme, les imaginaires du futur et le dialogue entre pratiques spirituelles, traditions et préoccupations contemporaines.
Paris : ouvrir le parcours


À Paris, Parcours Récits Croisés s’est déployé dans plusieurs lieux, avec des expositions, performances et conversations conçues comme autant de points d’entrée dans les trois chapitres curatoriaux.
La soirée inaugurale du 18 mai 2026 au CPA Bessie Smith a donné le ton avec Le futur était ancestral de Gilles Mayk Navangi. À travers des figures inspirées des divinités africaines, réalisées au pastel gras et à l’acrylique sur toile noire, l’artiste a ouvert le troisième chapitre consacré aux futurs, aux visions et aux spiritualités contemporaines.
La soirée s’est poursuivie par une table ronde réunissant le critique d’art Carl Pierrecq et Princess Ifedolapo Onikoyi autour d’une question centrale : à qui appartient l’imagination du futur, et depuis où se construit-elle ?
Quelques jours auparavant, au CPA Dunois, Junior Mvunzi Muteba avait présenté MApouBELLE, une performance interrogeant ce que nos corps absorbent, portent et rejettent dans un environnement saturé d’objets et de signes.
Au CPA Musidora, Ce qui reste entre deux rives, sous le commissariat de Florence Andréani, a réuni Fatoumata Diabaté, Rodrigue Obodjé, Marius Belliard et Richard Pierron autour d’une même interrogation : que reste-t-il d’un territoire lorsque les lieux changent et que les racines doivent apprendre à se reconstruire ailleurs ?
Lagos : deux expositions, deux perspectives


À Lagos, le parcours s’est développé à travers deux expositions portées le même jour.
À Kokopelli Gallery, For This Cause, sous le commissariat de Sadiq Williams, a réuni Titilola Fagbemi, Chukwuemeka Anthony, Ifeanyi Kalu, Okenwa Chimaobi et Femi Arogundade autour des forces individuelles et collectives qui nourrissent une pratique artistique.
Au Didi Museum, Being She: State of Today’s Woman, exposition personnelle de C.O Kola-Lawal curatée par Patrick Odimnfe, a proposé une lecture de la complexité de l’expérience féminine contemporaine.
Mons : entre héritage et création contemporaine

À Mons, la Bina Gallery a présenté Essences tribales de Coco Mobuli Mangbanzo, artiste basé à Kinshasa, sous le commissariat de Berdy Makesi Bikuki.
Masques, figures féminines et symboles issus de l’héritage culturel congolais traversaient des compositions situées entre figuration et abstraction. À travers cette proposition, l’héritage devenait une matière vivante, réinterprétée depuis une pratique artistique contemporaine.
Lisbonne : les mémoires de l’Atlantique



À Lisbonne, le CCCV, Centro Cultural de Cabo Verde, a accueilli Atlântico Entrelaçado de Maria Estrela, l’un des temps forts du parcours autour des figures et des mémoires de la diaspora africaine à travers les différentes rives de l’Atlantique.
L’exposition s’est clôturée par une conversation réunissant Maria Estrela, Vera Furtado, Paulino de Nascimento, Lameck Macaba et Princess Ifedolapo Onikoyi, connectée depuis Paris.
Cette rencontre entre Lisbonne et Paris traduisait l’un des principes du parcours : faire circuler les idées, les récits et les conversations au-delà des frontières géographiques.
Les conversations comme prolongement des expositions

Parcours Récits Croisés s’est également construit à travers des performances, conférences et temps de discussion destinés à prolonger les questions ouvertes par les œuvres.
Le 23 juin, deux conférences ont marqué la fin du chapitre parisien. À la Maison de l’Amérique Latine, Carl Pierrecq a animé Défaire le réel, consacré aux futurs et aux pratiques spéculatives. Plus tôt au CPA Dunois, Géraldine Bretault a présenté Quels musées pour l’Afrique ?, autour de la restitution et du rôle des institutions muséales dans l’avenir de l’art africain.
Ces conversations ont élargi le parcours au-delà des expositions et créé des espaces où œuvres, idées et expériences pouvaient se répondre.
Habiter l’empreinte : une exposition prolongée
Parmi les temps forts de la fin du parcours parisien, Habiter l’empreinte, réunissant Hassan Aliyu et Stéphanie Tossou Akissi au CPA Annie Fratellini, a bénéficié d’une prolongation au-delà du calendrier initial.
Présentée dans le cadre de Déplacements, Ancrages, Frontières Intimes, l’exposition explorait les notions de trace, de présence, de déplacement et d’appartenance. Sa prolongation jusqu’à la fin du mois de juillet a permis au projet de poursuivre sa rencontre avec les publics.
Une première édition qui ouvre la suite
Avec cette première édition, Artfrofest a expérimenté un modèle curatorial décentralisé fondé sur la mise en relation de programmations distinctes plutôt que sur la circulation d’une exposition unique.
Paris, Lagos, Mons et Lisbonne n’ont donc pas constitué les étapes successives d’un même projet exposé à l’identique. Chaque ville a apporté ses artistes, ses lieux, ses problématiques et sa propre lecture des trois chapitres curatoriaux.
Cette structure a permis de faire émerger des connexions entre artistes, commissaires, espaces culturels et publics situés dans différentes géographies.
Parcours Récits Croisés 2026 marque ainsi le point de départ d’un projet appelé à évoluer. La prochaine édition se tiendra du 10 mai au 30 juin 2027, avec de nouvelles villes et collaborations en préparation.
Retrouvez l’ensemble du programme 2026, les artistes participants et les lieux partenaires sur parcoursrecitscroises.com.
Galerie de l’exposition — PARCOURS RÉCITS CROISÉS 2026
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